Les candidats au banc d'essai

Un article intéressant « Les candidats au banc d’essai », dans le numéro 187, avril 2007, du magazine Capital.

Dedans on y retrouve une analyse objective des propositions des candidats sur les thèmes: Emploi et Chômage, Pouvoir d’achat, Fiscalité, Entreprise, Eduction et Recherche, Réforme de l’Etat, Santé-Retraite, Environnement, Logement. Sarko, Sego, Bayrou en détails, les autres candidats ont droit à un petit résumé.

Quelques points sympatiques relevés.

D’abord, l’intitulé Emploi-Chômage. Pourquoi ne pas juste inscrire Emploi? J’imagine que les propositions vont dans le sens de la création d’emploi, non? On n’écrit pas Environnement-Pollution? On voit toujours le négatif partout, alors pourquoi parler de lutte contre le chômage alors qu’il faut parler de création d’emplois. On va rétorquer que ce n’est pas tout à fait équivalent, certes, mais vous voyez l’idée, POSITIVER.

Sur l’Emploi donc, les promesses sont qualifiées de Hors de prix-Contre-productives à gauche, Contestable-Discutable au centre, et Vague-Chimérique à droite. Un point positif, considéré comme Lucide, à droite, fusionner l’Unédic et l’ANPE. Comme la France est le champion des noms organisme aux noms barbares, ca ne peut de toutes façons être qu’une bonne idée. Mais en gros, zéro pointé pour les propositions. Y’a du boulot.
Sur la Fiscalité, Revanchard à gauche (annuler les baisses d’impôts décidées par la droite), Courageux au centre (plafonner les avantages de niches fiscales à 20% de l’impôts sur le revenu), quant à la droite, on a droit à du finaud, rusé, mais aussi inefficace et inopportun (droits de successions exonérés). En conclusion, entre l’éternel débat droite-gauche, le centre semble être sain.
Et puis celui qui me tient à coeur: Entreprise. Et c’est là que vous comprendrez que mon coeur ne penche pas à gauche (sur ce point là en tout cas).

A gauche donc, on parle d’irréalisme (grand pôle public de l’énergie), inapplicable (suppression des aides aux entreprises qui délocalisent). Une mesure opportune, celle partagée avec la droite: mettre en place une agence nationale de réindustrialisation. Mais je ne comprends, encore une agence, et un acronyme barbare en plus?

Au centre, audacieux et malin pour l’attribution de 30% des aides à la recherche pour les PME et l’impôt progressif pour les sociétés.

A droite, imprécis pour le doublement des crédits publics de recherche pour les entreprises. Et intéressant pour l’allègement des obligations sociales des PME. Par exemple, suspendre pendant 2 ans l’application des seuils d’effectifs qui obligent à élire un délégué du personnel (10 salariés), un comité d’entrprise (50 salariés).

Je ne suis pas syndicaliste, mais pas non plus anti-syndicaliste. Je viens de Belgique, un pays super-syndicalisé, où les syndicats sont parfois sur-puissants. Si le rôle d’un syndicat est clair au départ, je pense que les dérives sont tout aussi désastreuses que celles du capitalisme effréné. Mais au niveau des PME, là, mon expérience est plus que mitigée. Quand on dirige une société de 15 personnes, ne pensez-vous pas qu’on est tous dans le même bateau pour que nos clients et les salariés soient heureux, pour qu’on dégage de la marge afin de pouvoir en faire profiter tout le monde. Mais voilà, alors que la réalité pousse tout le monde à bien faire son travail, la législation impose un délégué du personnel et tout le tin-touin qui va avec. Une loi sociale pour éviter des dérives capitalistes ou une plutôt dérive sociale non nécessaire qui allourdit les PME? Vous voyez mon point. Je suis pour la discussion et la participation, mais je déteste la paperasserie, les obligations légales qui n’apportent rien de plus que ce qu’on ferait en tant que bon gestionnaire …

Sur l’Education et la Recherche, la gauche est qualifiée de judicieux et de pertinent. Le Centre est flou. Et la droite est qualifiée d’utile, d’indispensable et surtout d’explosif en proposant d’augmenter fortement les droits d’inscription à l’université. D’après Capital, c’est le bon diagnostic, trop d’effets pervers à une inscription trop basse. C’est l’éternel discours de la responsabilisation. On sent que Capital est un peu à droite quand même ;-). Capital conclut que les sujets principaux, ceux qui fâchent, sont évités: gestion des effectifs, évaluation des profs, lourdeur des programmes. Sarkozy sort en tête même si jugé fort radical. Bayrou, ancien ministre de l’éducation, est flou. Et le flou ce n’est pas bon

On passe sur la Réforme de l’état. Tout le monde va réduire les dépenses publiques, personne ne dit réellement comment.

Enfin, sur la Santé-Retraite. La gauche est tantôt utile, tant irresponsable (aligner les petites retraites sur le Smic à l’horizon 2012). Le centre est équitable (fusionner les régimes de retraite, excellent!). Et la droite est coûteuse et explosive (à nouveau), en faisant sauter les régimes spéciaux. A nouveau, Capital conlut qu’il n’y aucun vrai programme.

Enfin, la partie la plus sympathique de l’article, c’est l’analyse brève des autres candidats.

  • Chez Le Pen, c’est Xénophobe, Anticonstitutionnel (au moins on peut lire un joli mot) et démago.
  • Chez MG Buffet, c’est catastrophique, irresponsable et préhistorique. Faudra que je vous détaille cela un de ces jours 😉
  • Chez Olivier Besançenot, c’est Inconséquent, Démentiel (passer au 30h) et Brutal (bloquer les loyers et les indexer sur les revenus).
  • Chez Bové, c’est obessionnel (OGM) et extravaguant (32h et Smic à 1.500 EUR net).

Et comme je ne suis pas sousmis au CSA, je n’irai pas plus loin, parce que c’est déjà bien assez long comme cela …
Bref, l’article confirme que les extrêmes dénoncent et proposent des non-solutions. Mais qu’actuellement, le programme de nos amis de gauche, du centre et de droite paraît être bien pauvre quand il est vu par la loupe des spécialistes. . A moins de penser que les experts de Capital sont nuls, on peut se dire que ce n’est pas sur programme qu’on (enfin, vous) pourra choisir.

Alors trois questions.

  1. Faut-il faire plus confiance aux politiques qu’aux spécialistes?
  2. Que font les spécialistes qui conseillent les politiques à la place de travailler sur les programmes?
  3. Des propositions concrètes et intéressantes sont-elles imprésentables?
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3 commentaires sur “Les candidats au banc d'essai

  1. Globalement, c’est le centre qui semble l’emporter….
    Le programme de la gauche m’a l’air fort démago. Quant à celui de la droite, s’il y a bien un point qui me choque particulièrement, c’est l’augmentation des droits d’inscription à l’université.
    A mon avis, l’objectif premier de tout système d’enseignement devrait être d’amener chacun (et pas quelques uns) à développer au mieux ses capacités individuelles. Autant je suis contre le nivellement par le bas et le bradage des diplômes (ce a quoi aboutissent souvent les propositions du PS, en tout cas en Belgique). Autant je suis contre le fait de réserver l’accès aux études à une élite financière.
    C’est vrai, c’est connu que les enfants de milieux favorisés réussissent mieux à l’école et sont surreprésentés à l’unif. Ce n’est cependant pas parce qu’ils sont plus intelligents, mais simplement parce qu’ils sont dans un environnement plus favorable et plus stimulant.
    La véritable élite d’une société n’est pas financière (c’est pas parce qu’on est riche qu’on est plus intelligent), mais intellectuelle. Par ailleurs, assurer une formation de qualité au plus grand nombre est un gage d’avenir pour toute société développée.
    Par conséquent, si on fixe des critères d’accès aux études universitaires, ils devraient être intellectuels et pas financiers (accès en fonction des résultats en secondaire ou, pourquoi pas, 1ère année éliminatoire). A priori, cela écarterait plus efficacement les moins motivés et les moins « capables » (pour les études, sans aucun a priori pour les autres aspects de la vie), au lieu d’écarter simplement les plus pauvres. Les gens intelligents et motivés n’ont, en général, pas besoin qu’on leur brandisse une menace financière pour s’investir dans leurs études…

  2. Tu sais qu’en France, les critères d’accès sont basés sur les résultats au bac, ou aux ecoles préparatoires. Cela a un effet encore plus pervers. En effet, les écoles préparatoires et mêmes les lycées ont une certain cote, ce qui développe le privé et donc forcément favorise les classes aisées. C’est pire pare que le biais se faire encore plus vite, encore plus jeune.

    La 1ère année éliminatoire? C’est toujours le cas non?

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